Arrêter de tondre?

jardin pas tondu

Je me souviens des insectes colorés et si variés qui peuplaient le jardin et les alentours. Je me revois courir dans les champs, au milieu des hautes herbes et de celles que j’appelais les « fleurs de coucou », qui étaient des orchidées sauvages. Je me souviens de ces gros bouquets, un mélange de marguerites et de ces petites fleurs roses qui poussaient dans les prairies humides.

Je me rappelle aussi les après-midis passés près du ruisseau, à essayer d’attraper les grenouilles vertes qui s’y prélassaient. Nous avions bricolé un petit pont et passions là, sous le soleil ou sous la pluie, une bonne partie des vacances d’été.

Je me souviens que je mangeais parfois les fleurs des champs : trèfle rose, primevères, menthe sauvage, oseille… Un petit goût de liberté dans chaque bouchée.

Mais tout ça, aujourd’hui, n’existe plus. Un camping s’est installé près du ruisseau. Les prairies humides ont été comblées, remplacées par des maisons. Et les insectes, eux, se sont tout simplement volatilisés.

Mais je m’étonnais de ne jamais croiser d’écureuils dans les bois, alors que les livres pour enfants en parlaient tant. Sur la rivière ou au bord de la mer, pas de cormorans, pas d’aigrettes, pas de hérons. A peine quelques éperviers… Tous ces gros oiseaux sont aujourd’hui de retour.

Mais ce qui me manque le plus de cette époque, ce sont les insectes. Les petits, les grands, ceux dont on s’amuse à avoir peur et ceux qu’on admire pour leurs merveilleuses couleurs et leur étrangeté.

Mon paradis perdu ?

Peut-être. Mais alors, comment le retrouver ?

Peut-être tout simplement… en arrêtant de tout tondre, de tout désherber, et en laissant la place à quelques plantes à fleurs. Recréer un petit coin de nature, à mon échelle.

L’entreprise n’est pas si simple!

Le jardin est aujourd’hui presque entièrement tondu par un robot. Pas facile de lui dire de contourner certaines zones pour les laisser tranquilles. Heureusement, on peut le régler un peu plus haut : les pâquerettes et le trèfle blanc échappent ainsi à ses lames. Et les abeilles adorent le trèfle blanc en été ! En revanche, mieux vaut éviter de marcher pieds nus dans la pelouse.

Alors j’ai commencé petit, avec le coin du jardin côté route – là où le robot ne va pas.

Pas évident de se dire qu’on va laisser ce coin-là un peu en friche. C’est par là que les visiteurs arrivent, et je sais déjà ce qu’on va me dire : « Oh là là, ce jardin est bien mal entretenu ! » Pas si facile de faire abstraction du regard des autres. « Ta tondeuse est en panne ? » « Euh non… moi je trouve ça joli. »

J’ai donc commencé par planter ce que j’appelle une mini prairie de bulbes. Ces fleurs qui, une fois défleuries, doivent rester en place pour regagner de la force pour l’année suivante. Alors oui, à ce moment-là, ça a l’air un peu négligé. « C’est quoi ce coin tout mal tondu ? » « Ah, mais c’est ma prairie de bulbes, voyons ! Je ne peux pas tondre tant que les feuilles ne sont pas sèches ! » Une excuse parfaite, non ?

Cette année, j’ai étendu un peu la prairie. Et comme monsieur n’a rien dit, j’ai carrément décidé de ne plus tondre certaines zones. Sauf celles trop envahies par le plantain, il faut bien commencer quelque part.

Et maintenant… j’attends. J’attends le retour des insectes avec impatience.

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Au sujet de l'auteur

Agnès

Agnès ♥ Blogueuse optimiste et positive, je suis une passionnée de Déco, de DIY et de jardinage, toujours à la recherche de nouvelles inspirations et de choses à créer ♥

2 Comments

  • coucou Agnès, tu as raison, bravo! pour les curieux ironiques ou médisants, tu pourrais mettre un petit panneau, genre, ici, « on est pour la bioversité » ou « ici, on pratique la tonte raisonnée » (comme sur les bords des routes, parfois), ou « ici on protège les petites bêtes » ou « reculez vous, vous marchez sur mes insectes »?
    bon après midi! bises

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