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La question de l’eau dans le problème du réchauffement climatique

27 juin 2021

Voici le début d’un article qui aborde la problématique du réchauffement climatique et de la gestion de l’eau sous un angle nouveau. C’est la retranscription d’une conférence, comme expliqué par Clément Jeanneau dans son excellente newsletter « Nourritures terrestres » que je vous invite à découvrir pour mieux comprendre les problématiques écologiques actuelles.

 » Emma Haziza est hydrologue, spécialiste de la résilience des territoires face aux risques climatiques extrêmes. Elle est intervenue cette semaine lors d’une conférence organisée par Eau de Paris, dans le cadre d’une série d’événements qui interrogent le futur de l’eau.

Après avoir suivi en direct son intervention, j’ai choisi de la retranscrire ici en partie, car celle-ci m’a frappé. C’est une intervention spontanée, qui vient des tripes, et qui est donc parfois décousue. Je vous propose de la découvrir telle quelle. Pour ceux qui préfèrent le format vidéo, la séquence est visible via le replay de la conférence (entre 49’42’’ et 1h17’).

Pour Emma Haziza, il est urgent de se doter d’une vision plus globale que la seule question du carbone. L’enjeu du siècle sera le triptyque eau – alimentation – énergie. Voici sa vision des choses :

« Depuis 20-30 ans, les politiques publiques sont très focalisées sur l’énergie. Mais pour produire de l’énergie, il faut de l’eau. Pour faire fonctionner une centrale, qu’elle soit nucléaire ou thermique, il faut de l’eau pour le refroidissement ; pour faire de l’hydroélectricité, il faut de l’eau pour faire tourner les turbines. Cette question, on l’a anéanti. On parle de bilan carbone et de gaz à effet de serre. Mais je rappelle que le premier gaz à effet de serre au monde, c’est l’eau : c’est ce qui permet à la Terre de ne pas ressembler à la Lune et donc à l’humain de survivre.

Le problème est qu’on est en train de plonger dans un nouveau système. Il est essentiel, y compris pour nous en France, de regarder ce qui se passe aujourd’hui en Californie [cf les précisions à la fin de ce numéro]. Les premiers décrochages qui se sont déroulés en Californie sont arrivés en 2015. On a toujours connu des sécheresses majeures en Californie, par séries chronologiques, de plusieurs années ; mais depuis 2015 on bat des records chaque année. L’année dernière a été la plus dramatique en matière d’atteintes à l’agriculture, par exemple.

Cette année, on est en train d’atteindre un niveau record en termes de température. La Californie elle-même est à bout de souffle ; or nous ne sommes qu’en juin, alors que l’été là-bas est en septembre-octobre.

On n’en est qu’au début d’une situation en train de totalement s’enflammer.

Le château d’eau de la Californie, la Sierra Nevada, n’a plus une seule goutte d’eau qui traverse ses cours d’eau. Il n’y a plus rien dans les réseaux hydrographiques. Tous ces réseaux hydrographiques se rejoignent dans une énorme vallée centrale où tout a été construit pour faire de l’agriculture. L’Etat de Californie a été pensé à tous les niveaux pour nourrir l’assiette de l’Américain moyen : 80% de son assiette est issu de la Californie (les œufs, le lait, la viande, les amandes, le raisin, les fruits…).

Puisqu’il n’y a plus assez d’eau, on fore de plus en plus loin, de plus en plus profond.

Certains petits propriétaires terriens n’ont plus du tout d’eau, parce que plus vous forez loin, plus ceux qui ont un petit pompage avec un système non-industrialisé n’ont plus accès à ce niveau de la nappe. Tout cela génère des états catastrophiques : on a carrément des routes qui s’affaissent, de 30cm par an en ce moment, parce qu’on soutire beaucoup trop dans les nappes et qu’il n’y a aucune limitation à l’agriculture.

On se retrouve avec des sécheresses qu’on n’a jamais connu. En France on vient de vivre quatre années de sécheresse historique. Aucune année n’était semblable à la précédente. Même en ayant connu certains printemps très pluvieux, il suffit d’un marqueur avec des vagues de chaleur successives et une canicule pour qu’on rebascule dans un état de sécheresse. On n’est pas dans un scénario de science-fiction. En France, en 2019 on a connu 42 degrés à Paris, 46 degrés dans le Gard.

Ces 4 dernières années, durant l’été on a atteint entre 80 et 90 départements en situation de crise au niveau de leurs masses d’eaux profondes. Pourtant on sait très bien que la France est un climat tempéré, avec des masses d’eau extrêmement importantes. »

Pour lire la suite, rendez vous sur la page des newsletters de Clément Jeanneau « Nouritures Terrestres »

Image par rony michaud de Pixabay

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2 Comments

  • Reply catherine 2 juillet 2021 at 7 h 03 min

    l’eau cette année est plutôt abondante, il a tellement plu ici en juin qu’on se serait cru en octobre😥
    et ce dôme de chaleur au Canada ouest? c’est terrible! presque 50° près de Vancouver..

    • Reply Agnès 2 juillet 2021 at 7 h 57 min

      Vu de Bretagne on a du mal à réaliser le réchauffement climatique et l’absence d’eau dans certaines régions du globe.

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